Vieille assurance-vie peu performante : faut-il la garder ou la clôturer ?
- 27 juil.
- 14 min de lecture
Une ancienne assurance-vie ne doit pas être conservée uniquement parce qu’elle a plus de huit ans.
Son ancienneté fiscale constitue un avantage, mais elle ne suffit pas à justifier le maintien d’un contrat devenu coûteux, peu performant ou mal adapté. Avant de décider de le garder, de le réorganiser ou d’en sortir, il faut mettre en regard sa performance nette, ses frais, la qualité des supports disponibles, la fiscalité d’un éventuel rachat et son rôle dans l’ensemble du patrimoine.
C’est exactement la question que nous avons rencontrée récemment chez Angage Finances avec une cliente d’une trentaine d’années.
Elle venait initialement nous consulter pour placer une donation d’environ 30 000 euros. L’analyse de son patrimoine nous a conduits beaucoup plus loin : elle détenait parallèlement une assurance-vie de plus de vingt ans, valorisée autour de 270 000 euros, dont la performance historique ressortait à environ 0,5 % par an.
Fallait-il conserver ce contrat pour préserver son ancienneté fiscale ? Le réorganiser ? Ou organiser progressivement la sortie des capitaux ?
Voici le raisonnement que nous avons suivi.

Faut-il garder une ancienne assurance-vie ? La réponse en bref
L’âge d’un contrat ne permet pas, à lui seul, de déterminer s’il doit être conservé.
Une vieille assurance-vie peut être très intéressante lorsqu’elle dispose de bonnes conditions contractuelles, de frais contenus, d’un fonds en euros compétitif ou d’une architecture financière suffisamment large.
À l’inverse, l’antériorité fiscale ne doit pas devenir une raison de conserver indéfiniment un contrat qui ne répond plus aux objectifs de son détenteur.
Avant de décider, cinq questions doivent être posées :
Quelle a été la performance réelle du contrat, nette de frais ?
Quels frais sont encore prélevés ?
Les supports proposés permettent-ils de construire une allocation adaptée ?
Quelle serait réellement la fiscalité d’un rachat ?
Ce contrat remplit-il encore une fonction utile dans la stratégie patrimoniale globale ?
C’est l’analyse combinée de ces critères qui doit conduire à la décision.
Comment savoir si une vieille assurance-vie est encore intéressante ?
Il n’existe pas de rendement minimum universel en dessous duquel une assurance-vie devrait systématiquement être clôturée. La comparaison doit tenir compte du niveau de risque pris, de la nature des supports, des frais et de l’objectif poursuivi.
Quelques situations doivent néanmoins conduire à réexaminer sérieusement le contrat :
Situation observée | Question à se poser |
Frais sur versement élevés | Le capital versé est-il trop fortement amputé dès l’entrée ? |
Fonds en euros durablement peu compétitif | Existe-t-il aujourd’hui une solution plus adaptée pour la poche sécurisée ? |
Choix de supports très limité | Le contrat permet-il encore de construire une véritable diversification ? |
Allocation inchangée depuis plusieurs années | Correspond-elle encore aux objectifs et au profil de l’épargnant ? |
Forte plus-value latente | Quel serait le coût fiscal réel d’une sortie ? |
Faible proportion de gains | L’avantage fiscal attaché à l’ancienneté justifie-t-il vraiment le maintien du contrat ? |
Encours très concentré auprès d’un même assureur | Une diversification entre assureurs est-elle pertinente ? |
La bonne décision n’est donc pas toujours « garder » ou « clôturer ». Elle peut aussi consister à conserver le contrat sans l’alimenter, modifier son allocation ou organiser des rachats partiels dans le temps.
Cas concret : une assurance-vie de 270 000 euros ouverte depuis plus de vingt ans
La cliente qui nous consulte est âgée d’une trentaine d’années et présente un profil naturellement prudent.
Cette prudence ne vient pas d’une méconnaissance des placements financiers. Elle trouve son origine dans son histoire familiale : ses parents ont toujours privilégié des placements sécurisés, sans exposition importante aux marchés financiers. C’est cette manière de gérer l’argent qu’elle a observée toute sa vie et qu’elle a naturellement reproduite.
Un profil de risque ne se résume jamais totalement à une case cochée dans un questionnaire.
Comprendre l’origine de cette prudence était important : il ne s’agissait pas de la combattre, mais de construire une stratégie qui la respecte tout en évitant que la recherche de sécurité ne conduise à immobiliser durablement son patrimoine sur des solutions devenues peu efficaces.
Avant même de traiter sa demande initiale, nous avons donc examiné l’ensemble de son patrimoine.
C’est à ce moment-là qu’un contrat a retenu notre attention.
Une assurance-vie ouverte au début des années 2000, bénéficiant de plus de vingt ans d’ancienneté fiscale, pour un encours d’environ 270 000 euros.
Sur le papier, il pouvait sembler évident de la conserver.
L’analyse des relevés racontait une autre histoire.
Pourquoi cette ancienne assurance-vie était-elle devenue peu performante ?
La performance depuis l’origine ressortait à environ 0,5 % par an en moyenne.
Trois éléments ressortaient.
1. Des frais sur versement pouvant atteindre 6 %
À certains moments de la vie du contrat, jusqu’à 6 % de frais avaient été prélevés lors des versements.
Concrètement, sur 10 000 euros versés avec 6 % de frais, 600 euros sont prélevés avant même que le capital ne commence à produire.
Il faut ensuite que le rendement obtenu compense cette perte initiale avant de commencer à créer de la valeur pour l’épargnant.
Sur une longue durée et avec des versements successifs, ce mécanisme peut peser fortement sur la performance réelle du patrimoine.
2. Plus de 80 % du contrat placés sur le fonds en euros
La deuxième explication tenait à l’allocation.
Plus de 80 % de l’encours était immobilisé sur un fonds en euros dont le rendement servi au titre de 2025 était d’environ 2,2 %, d’après les relevés analysés.
Le fonds en euros joue un rôle parfaitement légitime dans une stratégie patrimoniale lorsqu’un capital doit être sécurisé.
La question n’était donc pas de considérer le fonds en euros comme un mauvais placement en soi.
Elle était de savoir si plus de 80 % du patrimoine financier de cette cliente devait rester durablement exposé à ce seul moteur de performance, alors que des solutions sécurisées plus compétitives existaient par ailleurs.
3. Une diversification limitée et peu efficace
La partie restante du contrat n’apportait pas une diversification suffisamment convaincante.
Une poche immobilière était notamment en moins-value depuis 2022 et l’architecture générale du contrat ne permettait pas, selon nous, de construire l’allocation que nous souhaitions mettre en place.
Le problème n’était donc pas simplement un rendement annuel décevant.
C’était la combinaison de frais historiques élevés, d’une allocation très défensive et de possibilités d’investissement devenues insuffisantes.
La demande initiale : placer une donation de 30 000 euros
La cliente ne nous avait pourtant pas contactés pour son ancienne assurance-vie.
Elle venait de recevoir une donation d’environ 30 000 euros et souhaitait la placer.
Lors de nos échanges, elle nous a précisé quelque chose d’inhabituel pour elle : sur cette somme précise, qu’elle percevait davantage comme un capital supplémentaire que comme son socle d’épargne, elle était disposée à accepter davantage de risque qu’à son habitude.
Cette information devait être mise en regard du reste de son patrimoine.
Celui-ci était déjà très largement sécurisé.
Il n’était donc pas nécessaire de renforcer encore la poche défensive avec ces 30 000 euros.
Nous avons construit une allocation sensiblement plus dynamique que celle que son profil global aurait pu laisser envisager :
Fonds en euros : 15 %
Support immobilier : 15 %
Fonds de performance absolue : environ 27 %
Obligataire : environ 10 %
Actions : environ 32 %, avec un investissement progressif sur douze mois afin de limiter le risque lié à un point d’entrée unique
Cette allocation répondait à une situation précise : une petite partie du patrimoine sur laquelle la cliente acceptait volontairement davantage de volatilité.
Elle ne constitue évidemment pas une allocation type à reproduire.
Cette allocation concerne uniquement les 30 000 euros reçus en donation. Elle est distincte de la stratégie retenue pour les quelque 270 000 euros déjà détenus sur l’ancienne assurance-vie, qui représentent l’essentiel de l’épargne financière de la cliente et appellent donc un niveau de prudence beaucoup plus élevé.
Nous aurions pu nous arrêter là, la demande initiale était traitée.
Mais notre analyse globale avait mis en évidence un sujet beaucoup plus important.
Une assurance-vie de plus de 8 ans doit-elle forcément être conservée ?
C’est probablement l’un des réflexes les plus fréquents en matière d’assurance-vie :
« Mon contrat est ancien, donc je ne dois surtout pas y toucher. »
L’ancienneté fiscale d’une assurance-vie constitue effectivement un avantage.
Après huit ans, les produits retirés peuvent bénéficier d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou de 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Le régime d’imposition dépend également de la date des versements, notamment selon qu’ils ont été réalisés avant ou depuis le 27 septembre 2017.
Cet avantage doit être préservé lorsqu’il présente une véritable valeur patrimoniale.
Mais il ne faut pas confondre l’intérêt fiscal de l’enveloppe avec la qualité financière du contrat qui la porte.
Dans le dossier étudié, le contrat avait accumulé relativement peu de gains au regard du capital détenu.
La question n’était donc pas :
« Comment préserver à tout prix une assurance-vie de plus de vingt ans ? »
mais :
« Quel avantage réel perdons-nous si nous sortons progressivement d’un contrat qui ne remplit plus correctement sa fonction ? »
La réponse était très différente.
Un faible impôt à la sortie est-il forcément une bonne nouvelle ?
Non.
Dans ce dossier, la faible fiscalité potentielle d’un rachat provenait notamment de la faible proportion de gains accumulés dans le contrat.
Cela peut paraître contre-intuitif.
Lors d’un rachat partiel d’assurance-vie comportant des gains, seule la quote-part de produits comprise dans le retrait entre dans l’assiette de l’impôt sur le revenu. Le traitement fiscal dépend ensuite notamment de l’ancienneté du contrat et de la date des versements.

Un contrat dont la valeur est essentiellement constituée du capital versé peut donc permettre de retirer des montants importants tout en ne faisant ressortir qu’une fraction relativement limitée de produits imposables.
Dans notre cas, le faible coût fiscal potentiel de la sortie n’était pas un avantage créé par le contrat : il était aussi la conséquence du peu de performance accumulée pendant toutes ces années.
Il ne fallait donc pas protéger cette faible plus-value comme si elle constituait la principale richesse du contrat.
Notre préconisation : répartir les fonctions plutôt que concentrer le patrimoine
Nous avons distingué les différentes fonctions que devait remplir son épargne.
La stratégie retenue pour les 270 000 euros de l’ancien contrat + les 30 000 € actuellement sur le compte courant repose donc sur deux fonctions très différentes.
Capitaux concernés | Fonction | Stratégie retenue |
Environ 50 000 € | Matelas de sécurité et liquidité | 100 % fonds en euros sur un contrat dédié |
Environ 250 000 € | Cœur du patrimoine financier | Allocation prudente et diversifiée, répartie entre deux contrats |
Total : environ 300 000 € | Restructuration de l’ancien contrat | Sortie progressive afin d’intégrer la fiscalité au calendrier des rachats |
Cette lecture est essentielle : la stratégie ne consiste pas à rendre les 270 000 euros plus risqués. Elle consiste à mieux organiser un patrimoine qui doit rester très majoritairement sécurisé.
Première fonction : conserver un véritable matelas de sécurité
Environ 50 000 euros correspondaient au niveau de liquidité et de sécurité que la cliente souhaitait conserver.
Cette somme devait rester protégée.
Elle a donc été isolée sur un contrat dédié, entièrement investi en fonds en euros, dont les caractéristiques et le rendement servi étaient plus adaptés que ceux de l'ancien contrat au moment de notre analyse.
L’objectif n’était pas de rechercher davantage de risque sur cette poche.
Il était d’obtenir une meilleure efficacité pour un niveau de sécurité comparable.
Deuxième fonction : réorganiser les 250 000 euros restants avec prudence
Cette somme représente le coeur de l'épargne financière de la cliente.
Nous avons donc construit une allocation beaucoup plus prudente que celle retenue sur la proposition unique de placement des 30 000 euros reçus en donation :
Fonds en euros : 75 %
Fonds de performance absolue : 8 %
Actions : environ 9,5 %, avec des investissements étalés sur douze mois
Support immobilier : environ 4,4 %
Obligataire : environ 3 %
Les deux allocations sont volontairement très différentes.
Sur les 30 000 euros de donation, la cliente souhaitait accepter davantage de risque et cette somme représentait une part limitée de son patrimoine.
Sur l’essentiel de son épargne, la priorité restait la préservation du capital et la maîtrise de la volatilité.
C’est une distinction essentielle : un même investisseur peut parfaitement avoir plusieurs poches présentant des niveaux de risque différents, dès lors que chacune répond à un objectif clairement identifié.

Pourquoi utiliser plusieurs contrats d’assurance-vie ?
Une partie des capitaux a également été répartie entre plusieurs contrats plutôt que concentrée sur une seule assurance-vie.
Ce choix ne répondait pas à une volonté de multiplier artificiellement les enveloppes.
Il répondait à plusieurs contraintes précises.
Profiter des caractéristiques propres à chaque contrat
Les contrats sélectionnés ne proposaient pas les mêmes mécanismes de bonification du fonds en euros.
Certains bonus étaient conditionnés à une proportion minimale d’unités de compte et les seuils variaient selon les contrats.
Répartir les capitaux permettait donc d’utiliser chaque contrat pour la fonction dans laquelle il était le plus pertinent.
Accéder à des univers d’investissement différents
Un des contrats se prêtait davantage à la diversification immobilière recherchée.
Un autre proposait une architecture financière plus adaptée à la sélection de fonds envisagée.
La séparation permettait de construire l’allocation sans imposer à tout le patrimoine les contraintes propres à un seul contrat.
Éviter une concentration excessive chez un seul assureur
Sur des encours significatifs, la diversification des assureurs mérite également d’être examinée.
Le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes prévoit, dans le cadre précis de son intervention en cas de défaillance d’une société d’assurance couverte, une indemnisation complémentaire plafonnée à 70 000 euros par assuré, souscripteur ou bénéficiaire auprès d’une même société d’assurance, quel que soit le nombre de contrats détenus auprès de celle-ci.
Ce mécanisme ne signifie évidemment pas que toute somme supérieure à 70 000 euros serait perdue en cas de difficulté d’un assureur : le FGAP intervient dans un cadre spécifique et son indemnisation vient en complément des sommes issues de la réalisation des actifs de l’entreprise défaillante.
Ce n’est donc pas, à lui seul, un motif suffisant pour multiplier les contrats. Mais il fait partie des éléments qui peuvent être pris en compte dans une réflexion globale sur la concentration des encours.
Rachat total ou rachats partiels : comment sortir intelligemment d’une ancienne assurance-vie ?
Décider qu’un contrat doit progressivement être quitté ne signifie pas qu’il faut nécessairement le clôturer immédiatement.
Dans notre cas, la cliente n’avait pas besoin de récupérer l’intégralité du capital.
Nous pouvions donc intégrer la fiscalité dans le calendrier des retraits.
Après huit ans de détention, les produits retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Cet abattement s’apprécie globalement pour les contrats concernés détenus par le contribuable et ne réduit pas l’assiette des prélèvements sociaux.
L’abattement est annuel : un reliquat non utilisé n’est pas reportable sur l’année suivante.
Cela ouvre une possibilité intéressante lorsque trois conditions sont réunies :
le contrat a plus de huit ans ;
les gains représentent une proportion relativement faible de l’encours ;
le détenteur n’a pas besoin de récupérer immédiatement l’intégralité du capital.
Dans notre cas : commencer par un rachat d’environ 50 000 euros
La première tranche rachetée, d’environ 50 000 euros, devait financer le nouveau matelas de sécurité.
Compte tenu de la faible proportion de gains contenue dans l’ancien contrat, la quote-part de produits correspondant à ce retrait pouvait être mise en regard de l’abattement annuel disponible.
L’objectif était ainsi de limiter autant que possible l’impôt sur le revenu lié au rachat, tout en tenant compte des prélèvements sociaux éventuellement applicables selon la nature des gains et de ceux déjà prélevés par l’assureur.
Les rachats suivants peuvent ensuite être programmés sur plusieurs années.
À chaque étape, il faut recalculer la quote-part de gains, vérifier l’abattement disponible, la situation fiscale de la cliente et les règles applicables au moment du retrait.
Le principe n’est donc pas de « sortir sans impôt ».
Il est de choisir le rythme de sortie au lieu de subir la fiscalité d’un rachat total immédiat.
Faut-il alors conserver ou clôturer une vieille assurance-vie ?
Il n’existe pas de réponse systématique.
Une assurance-vie ancienne peut parfaitement mériter d’être conservée.
Elle peut également être fiscalement intéressante mais financièrement médiocre.
Dans ce cas, plusieurs stratégies sont possibles : modifier l’allocation, cesser les nouveaux versements, conserver une partie du contrat ou organiser progressivement des rachats.
Dans le dossier présenté ici, nous avons considéré que l’ancienneté fiscale ne compensait plus les faiblesses du contrat.
La stratégie retenue a donc consisté à sortir progressivement des capitaux, sans remettre en cause le profil prudent de la cliente.
C’est probablement le point le plus important de ce dossier.
La cliente n’est pas devenue plus « risquée ».
Son patrimoine est simplement devenu plus cohérent.
Ce que ce cas illustre sur notre manière de conseiller
Cette cliente était arrivée avec une question simple : Comment placer 30 000 euros reçus en donation ?
Nous aurions pu nous limiter à cette somme.
L’analyse de son patrimoine a finalement fait apparaître un sujet près de neuf fois plus important : une assurance-vie ancienne d’environ 270 000 euros dont les caractéristiques ne correspondaient plus à ses intérêts.
Notre rôle n’était pas de lui faire prendre davantage de risque.
Il était de distinguer correctement :
ce qui devait rester sécurisé ;
ce qui pouvait être légèrement dynamisé ;
ce qui devait rester disponible ;
ce qui pouvait être investi sur une durée plus longue ;
et ce qui était conservé uniquement par habitude.
Une bonne stratégie patrimoniale ne consiste pas à rechercher le produit qui rapporte le plus. Elle consiste à attribuer une fonction précise à chaque partie du patrimoine, puis à choisir les enveloppes et les supports capables de remplir cette fonction dans de bonnes conditions.
Dans ce dossier, l’ancien contrat avait longtemps représenté la sécurité voulue par les parents de la cliente.
Vingt ans plus tard, respecter cette prudence ne signifiait plus nécessairement conserver le même contrat.
Cela signifiait construire une nouvelle organisation qui protège réellement ce qu’elle souhaitait protéger.
Questions fréquentes sur les anciennes assurances-vie
Faut-il garder une assurance-vie uniquement parce qu’elle a plus de huit ans ?
Non. Après huit ans, l’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique et d’un abattement annuel sur les produits retirés. Cet avantage doit être pris en compte, mais également comparé aux frais du contrat, à sa performance, à la qualité de ses supports et à son utilité dans la stratégie patrimoniale.
Peut-on clôturer une assurance-vie de plus de vingt ans ?
Oui. L’ancienneté du contrat n’interdit évidemment pas sa clôture. Avant un rachat total, il est néanmoins utile de calculer précisément la plus-value contenue dans le contrat et la fiscalité correspondante afin de déterminer si un rachat total ou plusieurs rachats partiels sont préférables.
Quelle est la fiscalité d’un rachat d’assurance-vie après huit ans ?
Pour un contrat de plus de huit ans, les produits retirés bénéficient actuellement d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Les modalités d’imposition dépendent notamment de la date des versements et de leur montant. L’abattement ne s’applique pas aux prélèvements sociaux.
Vaut-il mieux faire un rachat total ou plusieurs rachats partiels ?
Cela dépend du besoin de liquidité, de la proportion de gains contenue dans le contrat, de l’ancienneté de l’assurance-vie et de la situation fiscale de son détenteur. Lorsque les fonds ne sont pas nécessaires immédiatement, étaler les rachats peut dans certains cas permettre d’utiliser l’abattement disponible sur plusieurs années. Chaque situation doit être calculée individuellement.
Peut-on ouvrir une nouvelle assurance-vie sans fermer l’ancienne ?
Oui. Une même personne peut détenir plusieurs contrats d’assurance-vie. Cette possibilité permet notamment de conserver un ancien contrat lorsqu’il présente encore un intérêt tout en utilisant un autre contrat pour de nouveaux versements, ou de répartir différents objectifs patrimoniaux entre plusieurs assureurs et plusieurs architectures financières.
Les données relatives au contrat présenté dans cet article sont issues des documents analysés dans le cadre du dossier client. Les chiffres ont été arrondis et la situation anonymisée.
Cet article présente une méthode de raisonnement à partir d’un cas réel anonymisé. Il ne constitue ni une recommandation personnalisée ni une promesse de performance. Toute décision patrimoniale dépend notamment de la situation personnelle et fiscale, des objectifs, de l’horizon de placement, du besoin de liquidité et de la capacité à supporter une perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Sources
Direction générale des Finances publiques, « L’assurance-vie et le PEA », fiscalité des rachats et régime après huit ans.
Direction générale des Finances publiques, « Comment sont imposés les produits des contrats d’assurance-vie depuis le 1er janvier 2018 ? », mise à jour du 20 mars 2026.
Direction générale des Finances publiques, abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € sur les produits des contrats de plus de huit ans, page mise à jour le 17 juillet 2026.
BOFiP, modalités de l’abattement annuel applicable aux contrats d’assurance-vie d’au moins huit ans.
Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP), règles et plafonds d’intervention en cas de défaillance d’une société d’assurance de personnes.
